Igelan par Kang Qbil
by Gorka Echarri on fév.19, 2010, under International
Une nouvelle vidéo filmée lors du Keceran 2009 à Rancalame, tous les experts du style Pusaka Medal ainsi que certains spécialistes du style Cimande Macan Guling se sont réunis comme chaque année pour renforcer leurs liens de fraternité et pour nous présenter de belles démonstrations. Pour continuer, vous trouverez ci-dessous kang Qbil, fils d’Abah Juhro en action.
A bientôt pour la suite…
Kanjeng Ratu Kidul: la reine des mers du Sud
by Gorka Echarri on fév.15, 2010, under France, Spiritualité
La mystique Javanaise et Balinaise font référence à de nombreuses divinités “régionales”, la plus connue d’entre-elles étant Kajeng Ratu Kidul, la reine d’un royaume sous-marin qui s’étendrait de l’ouest de Java jusqu’à Bali. Nombreux sont ceux, membres du petit peuple mais aussi entrepreneurs, notables et politiciens de haut-vol, qui tentent d’entrer en contact avec elle par le biais de la méditation, encore aujourd’hui. Kajeng Ratu Kidul saurait résoudre de nombreux problèmes et accorderait parfois des pouvoirs mystérieux à ceux qu’elle estime dignes d’attention et de protection…
Si l’on se réfère à la littérature classique Javanaise (“Babad Tanah Jawi”) Ratu Kidul serait née du temps du royaume de Padjajaran, à l’ouest de Java, en tant que princesse hindoue et sous le nom de Dewi Kadita. Un sort lui fut jeté, dans certaines versions par des concubines jalouses de sa beauté et de son influence sur le roi, tandis que dans d’autres, c’est le roi lui-même qui la chassa du palais, la soupconnant de vouloir lui ravir le trône.
Dewi Kadita, devenue une hideuse créature, erra dans les campagnes de l’est de Java jusqu’aux falaises de Karanghawu, à proximité du port actuel de Pelabuhanratu. Après plusieurs journées passées à regarder l’Océan Indien en rêvassant elle entendit une voix qui lui promettait de retrouver sa beauté perdue si elle s’abandonnait à la mer, ce qu’elle fit (on dit aussi que c’est une soudaine et immense vague qui l’a emportée). Depuis elle est la « reine des mers du sud », belle, mais à jamais amère…. Ses serviteurs, innombrables, sont de beaux jeunes hommes qui se sont noyés après qu’elle les eût attirés par son envoutant pouvoir de séduction. N’importe quel Javanais vous confirmera que le vert est la couleur préférée de Kanjang Ratu Kidul et que porter des vêtements de cette couleur en bordure de l’Océan Indien met votre vie en péril. Java et Bali sont hantés par des créatures invisibles dont il faut éviter la fureur… Kajeng Ratu Kidul n’est pas indifférente aux jeunes occidentaux… Sachez qu’il disparaît chaque année un bon nombre d’éphèbes blancs dans les vagues attaquants les côtes de Bali et de Java, d’excellents nageurs au demeurant. Vous êtes prévenus!
Kanjeng Ratu Kidul est liée par une union sacrée aux souverains de Mataram, règnant sur la région de Jogjakarta et de Solo à Java Centre depuis le 18e siècle. Selon la mythologie javanaise c’est alors qu’il méditait sur la plage de Parang Kusumo (à 1km à l’ouest de Parangtritis) que Panembatan Senopati, premier sultan du royaume de Mataram, réveilla le volcan Mérapi par la force de sa méditation. Le volcan trembla, cracha des langues de feu, l’océan se mit à bouillonner, des milliers d’esprits descendirent sur terre, “assommés” par la force de la méditation, Kanjeng Ratu Kidul elle-même sortit des flots pour apparaître devant le sultan. Elle lui demanda pourquoi il agissait ainsi et le supplia d’arrêter. Senopati, émerveillé par la beauté de Kanjang Ratu Kidul, cessa de détruire l’univers. En retour Kanjang Ratu Kidul lui promit d’être sa maîtresse et celle de tous ses successeurs. Pour sceller leur amour elle lui demanda d’avaler « l’œuf du monde » qu’elle lui tendait. Par peur que l’œuf ne le transforme en pur esprit, comme elle, Senopati le donna à son jardinier qui le mangea. Le jardinier fut transformé en un esprit monstrueux et courut se réfugier dans les entrailles du volcan Merapi, depuis il est un esprit nommé Kyai Sapujagad.
La légende dit que le roi suivit Kanjeng Ratu Kidul et réapparut après trois jours passés au fond de la mer à apprendre à la fois les sciences de l’amour et ceux de la guerre (qui se ressemblent sur certains points sans doute!). Le rocher sur lequel Senopoti se dressa en sortant de l’eau est aujourd’hui un lieu de culte où l’on dépose moult offrandes pour obtenir la bienveillance de Kanjang Ratu Kidul. Le gardien du lieu, Mbah Nono, dit qu’un “Londo” (un occidental) vient là chaque année depuis qu’il rencontra la reine des mers du sud en rêve, alors qu’il lôgeait à un hôtel de Parangtritis il y a de cela une dizaine d’années (il était alors un touriste comme un autre). Il est devenu depuis un brillant hommes d’affaires et effectue désormais le “pélerinage” en compagnie de son épouse et de ses enfants.
Pendant le couronnement du sultan Hamengkubuwono X de Yogyakarta en 1989, certains des participants affirmèrent que Kanjeng Ratu Kidul était présente et portait une tunique verte transparente… Le Sultan Hamengkubuwono IX de Yogyakarta la consulte à de nombreuses occasions, et il est encore de tradition qu’une fois par mois il dorme seul, sans son épouse, afin de permettre à la reine des mers du sud de le rejoindre… Si elle n’est pas occupée avec son “Londo”, qui sait?
Kanjeng Ratu Kidul serait à l’origine du tremblement de terre de Jogjakarta de juin 2006…
Cette information (article du journal d’informations en ligne www.detik.com du 2 juin 2006) a été donnée le plus sérieusement du monde par Monsieur Permadi, un parlementaire indonésien affilié au parti politique FPDIP (de l’ex Présidente Megawati). Kanjeng Ratu Kidul aurait ainsi exprimé son vif désaccord avec un projet de loi “antipornographie et antipornoaction” inspirée par la Sharia, qui se discutait alors au parlement. Kanjeng Ratu Kidul aurait simplement agité le bas de son “kamben”, un sarong javanais assez transparent qui lui laisse les épaules et les bras nus pour provoquer la catastrophe “naturelle”…
Fait avéré: le projet de loi, qui a provoqué un débat houleux, est tombé à l’eau peu après le tremblement de terre.
Igelan par Abah Juhro
by Gorka Echarri on jan.27, 2010, under France
Lors du Keceran 2009 à Rancalame, tous les experts du style Pusaka Medal ainsi que certains spécialistes du style Cimande Macan Guling se sont réunis comme chaque année pour renforcer leurs liens de fraternité et pour nous présenter de belles démonstrations. Pour commencer cette série, je vous laisse découvrir Abah Juhro (fils d’Abah Djahari).
A bientôt pour la suite…
Calendrier javanais
by Gorka Echarri on jan.19, 2010, under Spiritualité
Le calendrier javanais est un calendrier toujours utilisé par les habitants de l’île de Java en parallèle avec le calendrier grégorien et le calendrier musulman. Le calendrier grégorien est le calendrier officiel de la République indonésienne ainsi que de la société civile, alors que le calendrier musulman est utilisé par les musulmans ainsi que par le gouvernement pour le culte et pour déterminer les jours fériés.
Le calendrier javanais est utilisé pratiquement exclusivement par les habitants de Java ainsi que par les groupes ethniques des îles de Java de Madura et de Sunda. Ce calendrier a des fonctions culturelles et métaphysiques pour ces peuples javanais.
Le calendrier javanais actuel a été mis en place par Sultan Agung du royaume de Mataram en 1633 (calendrier grégorien). Avant cette date, les javanais utilisaient le calendrier hindou (Saka) qui commence en l’an 78 et qui utilise les cycles solaires pour calculer le temps. Le calendrier javanais du Sultan Agung a conserver la date d’origine du calendrier Saka mais a adopté le système de mesure d’année lunaire comme dans le calendrier musulman qui est basé sur des mois lunaires. Occasionnellement on utilise son nom latin “Anno Javanico” ou “AJ” (année javanaise).
Le calendrier javanais contient de multiples mesures de temps qui se chevauchent et qui sont appelées des cycles. On y retrouve :
- Le cycle de cinq jours PASARAN
- La semaine de sept jours du calendrier grégorien
- Le cycle de mois de MANGSA et WULAN
- Le cycle des années TAHUN
- Le cycle octo-ennia (8 ans) appelé WINDU
Les javanais donnent un sens mystique aux multiples concordances de ces cycles. Les concordances ou coïncidences sont une partie importante de l’esthétique javanaise, par exemple l’utilisation du système métrique Seleh et Gongan dans la musique javanaise.
Les cycles de temps
• Le cycle PASARAN
Le cycle PASARAN vient du mot javanais « pasaran” qui se traduit par « lié au marché”. Le cycle PASARAN dure cinq jours et correspond aux villageois qui se réunissent habituellement au marché local pour se rencontrer, faire du commerce, achetant et vendant du matériel, des produits, de l’alimentation…
Les marchands itinérants visitaient les différents villages chaque jour de la semaine de cinq jours PASARAN. Certaines hypothèses rapportent que la durée de cinq jours est rattaché au nombres de doigts de la main.
La semaine PASARAN est divisée en cinq jours comme suit (ngoko et krama entre parenthèses) :
1 – Legi (Manis)
2 – Pahing (Pait)
3 – Pon (Petak)
4 – Wagé (Cemeng)
5 – Kliwon (Asih)
L’origine de ces appélations n’est pas très claire et leur étymologie reste obscure. On en réfère a ses jours principalement en utilisant leurs noms ngoko. Il est possible que ces noms viennent des noms de Dieux indigènes. Un ancient manuscrit javanais illustre la semaine avec cinq figures humaines (cf. illustration). Un homme tenant un suppliant par les cheveux, une femme tenant une corne pour recevoir une offrande, un homme pointant un keris vers un autre, une femme portant un produit agricole et un homme tenant une lance pour diriger un buffle.
Les javanais considèrent également que les noms de ces jours ont une relation mystique avec les couleurs et les points cardinaux :
- Legi représente la couleur blanche et l’est
- Pahing représente la couleur rouge et le sud
- Pon représente la couleur jaune et l’ouest
- Wage repésente la couleur noire et le nord
- Kliwon représente un mélange de couleurs et le centre
Les marchés ne fonctionnent plus, aujourd’hui, sur ce cycle de PASARAN, mais sont ouverts de façon plus pragmatiques tous les jours du calendrier grégorien. L’astrologie javanaise explique que les caractéristique d’un individu, l’avenir… sont déterminés par les coïncidences du jour PASARAN et que les jours habituels de la semaine du calendrier musulman déterminent l’anniversaire d’une personne. En complément, un sens est attribué au connections entre certaines semaines de 7 jours avec certains jours PASARAN. Par exemple à Surakarta, il y a un Pasar Legi, Pasar Pon et Pasar Kliwon qui accueillent des marchés aux jours correspondants. Les semaines PASARAN font partie intégrante du cycle WETONAN auxquels les javanais portent beaucoup d’attention pour leur interprétations astrologiques.
• La semaine de sept jours
Le cycle des semaines de sept jours (DINA PUTU) vient du calendrier musulman. Les noms des jours de la semaine en javanais dérivent de leurs contre-parties arabes :
- Senin / يوم الإثني (Lundi)
- Selasa / يوم الثُّلَاثاء (Mardi)
- Rebo / يوم الأَرْبعاء (Mercredi)
- Kemis / يوم الخَمِيس (Jeudi)
- Jemuwah / يوم الجُمْعَة (Vendredi)
- Setu / يوم السَّبْت (Samedi)
- Minggu / يوم الأحد (Dimanche)
• Le cycle WETONAN
Le cycle WETONAN superpose le cycle PASARAN de cinq jours avec la semaine de sept jours. Chaque cycle dure 35 jours. Les dates de correspondances sont nommées en associant les jours de la semaine et les jours PASARAN et son appelés WETON.
Ci-dessous, un exemple tiré du calendrier gouvernemental imprimant les superpositions WETONAN, les jours PASARAN ainsi que les jours indonésiens tout en suivant les dates du calendrier grégorien :
Le cycle WETONAN pour la deuxième semaine du mois de mai 2008 :
FR : Lundi 5 / INDO : Senin 5 / JAV. : Senin 5 / PASARAN : 28 Pon
FR : Mardi 6 / INDO : Selasa 6 / JAV. : Selasa 6 / PASARAN : 29 Wage
FR : Mercredi 7 / INDO : Rabu 7 / JAV. : Rebo 7 / PASARAN : 1 Kliwon
FR : Jeudi 8 / INDO : Kamis 8 / JAV. : Kemis 8 / PASARAN : 2 Legi
FR : Vendredi 9 / INDO : Jumat 9 / JAV. : Jumat 9 / PASARAN : 3 Pahing
FR : Samedi 10 / INDO : Sabtu 10 / JAV. : Setu 10 / PASARAN : 4 Pon
FR : Dimanche 11 / INDO : Minggu 11 / JAV. : Minggu – Ahad 11 / PASARAN : 5 Wage
FR : Lundi 12 / INDO : Senin 12 / JAV. : Senin 12 / PASARAN : 6 Kliwon
etc….
A partir de cet exemple, le jour WETON pour le mardi 6 mai 2008 se lira Selasa Wage. Le cycle WETONAN est particulièrement important pour les systèmes de divinations ainsi que pour les célébrations importantes, les rites de passage, les commémorations etc… qui sont fixés à des dates considérées comme fastes et nommées WETON.
Un exemple flagrant qui est toujours enseigné aujourd’hui à l’école primaire est le jour WETON de la proclamation de la République d’Indonésie le 17 août 1945 qui était un Jumat Legi qui coïncide avec la date WETON de naissance et de décès de Sultan Agung, qui est considéré comme le roi le plus illustre de l’histoire de Java. La nuit du vendredi Legi est considéré comme particulièrement importante pour les pélerinages. Il existe également des tabous qui sont liés à ce cycle, par exemple la danse rituelle de Bedhaya ne peut s’effectuer que le mardi Kliwon.
Les concordances entres les jours PASARAN et les dates d’anniversaires sont considérées, par les javanais, particulièrement importantes pour déterminer les caractéristiques de la personne, un peu à la manière du zodiaque occidental et du placement des planètes.
• Pawukon
PAWUKON est un cycle de 210 jours rattaché à la tradition hindouiste. De ce fait le cycle PAWUKON est principalement rattaché à Bali, Java y fait référence pour des besoins très spécifiques. Ce calendrier est constitué d’un ensemble de dix semaines qui ont des durées de 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 jours.
Le premier jour de l’année est considéré comme le premier jour des dix semaines. Puisque 210 n’est pas divisible par 4, 8 ou 9, des jours supplémentaires sont rajoutés aux semaines de 4, 8 et 9jours.
• Dates
Pour compter le temps, les jours respectent le mois lunaire WULAN comme dans d’autres systèmes de calendriers. La date indique les changements de la lune et symbolise la vie d’un être humain dans le monde. Ce processus de réincarnation est connu sous le nom de CAKRA MANGGILINGAN ou HERU CAKRA. Le premier jour du mois, quand la lune est petite, on le compare à la naissance d’un bébé. Le quatorzième jour, nommé PURNAMA SIDHI (pleine lune), représente un homme marié adulte. Le jour suivant, appelé PURNAMA, quand la lune commence à décroitre. Le vingtième jour PANGLONG, symbolise le moment à partir duquel les gens commencent à perdre la mémoire. Les vingt cinquième jour SUMURUP, représente le moment à partir duquel l’adulte à besoin de soins comme quand il était enfant. Le vingt sixième jour MANJING, représente le retour de l’humain vers son origine.
Le cycle des mois
• Pranata Mangsa
L’année solaire est divisée en douze périodes MANGSA d’une durée inégale. Elle tire ses origines du monde agricole. Les noms des dix premiers mois sont simplement les numéros des mois de un à dix, alors que les noms des onzième et douzième restent incertains. Le cycle commence aux alentours du solstice d’été, vers le milieu de la saison sèche à Java.
- 23 juin – MANGSA KASO – durée : 41 jours
La saison sèche, les feuilles tombent, le sol est flétri et aride, dépourvu d’eau
« comme un bijou qui s’est séparé de gangue”
- 3 août – MANGSA KARO – durée : 23 jours
La saison sèche, la terre désséchée, les arbres à coton et les manguiers commencent à fleurir
- 26 août – MANGSA KATELU – durée : 24 jours
La saison sèche, les racines d’épices commencent à être récolté, lesarbres gadung commencent à porter des fruits
- 19 septembre – MANGSA KAPAT – durée : 25 jours
La pluie commence à tomber, comme « des larmes de l’âme” et marque la fin de la saison sèche, les oiseaux chantent et construisent leurs nids
- 14 octobre – MANGSA KALIMA – durée 27 jours
La saison des pluies, parfois avec des vents forts et des inondations, les manguiers sont mûres, les serpents quittent leur nids « une fontaine d’or tombent sur la terre »
- 11 novembre – MANGSA KANEM – durée : 43 jours
La saison des pluies, les éclairs frappent et il y a des glissements de terrain mais c’est également la saison des fruits
- 23 décembre – MANGSA KAPITU – durée : 43 jours
La saison des pluies est au plus fort, les oiseaux ont du mal à trouver à manger et dans beaucoup d’endroits il y a des inondations
- 4/5 février – MANGSA KAWOLU – durée : 27 jours
La saison des pluies, les rizières poussent et le chat cherche sa bien aimée
- 2 mars – MANGSA KASANGA – durée : 25 jours
La saison des pluies, les rizières deviennent jaunes « les bonnes nouvelles fusent”, l’eau est conservée dans la terre, le vent souffle dans une direction et beaucoup de fruits sont mûrs
- 27 mars – MANGSA KASADASA – durée : 24 jours
La pluie tombe encore mais diminue, le vent souffle fort, l’air est encore frais
- 20 avril – MANGSA DESTA – durée : 23 jours
La saison sèche a commencée, les fermier sont aux rizières, les oiseaux prennent soin de leurs petits comme si ils étaient des « joyaux du cœur”
- 13 mai – MANGSA SADDHA – durée : 41 jours
La saison sèche, l’eau commence à s’estomper
Au dix neuvième siècle, le PRANATA MANGSA était plus connu au sein de la société javanaise que l’année civile ou religieuse décrites ci-dessous. Ce cycle est clairement d’origine javanaise car les applications spécifiques du climat ne correspondent pas avec d’autres territoires de l’archipel indonésien, ainsi que l’usage des noms javanais pour nommer les mois. Même si ce cycle correspond bien aux variations de climat, il reste quand même arbitraire que l’on peut noter sur la durée du premier et du dernier mois, le deuxième et le onzième, etc… qui sont les mêmes.
Le PRANATA MANGSA peut être utilisé pour prédire les traits de personnalité de quelqu’un de la même manière que les signes solaires de l’astrologie occidental. Ce système n’est plus, aujourd’hui, utilisé pour la divination, mais quelques spécialistes continuent à l’utiliser avec les autres cycles pour faire de la divination.
• WULAN
Chaque année lunaire TAHUN est divisé en douze WULAN (mois – de 29 ou 30 jours chacun). C’est la même utilisation des mois que dans le calendrier musulman. Ci-dessous les noms de ces mois (en krama et en goko) :
1 – WARANA / SURA (30 jours)
2 – WADANA /SAPAR (29 jours)
3 – WIJANGA / MULUD (30 jours)
4 – WIYANA / BAKDA MULUD (29 jours)
5 – WIDADA / JUMADIL AWAL (30 jours)
6 – WIDARPA / JUMADIL AKHIR (29 jours)
7 – WILARPA / REJEB (30 jours)
8 – WAHANA / RUWAH (29 jours)
9 – WANANA / PASA (30 jours)
10 – WURANA / SAWAL (29 jours)
11 – WUJANA / SELA (30 jours)
12 – WUJALA / BESAR (29 ou 30 jours, en fonction de la durée de l’année)
Le cycle des mois représente une métaphore du cycle de la vie humaine. Les 9 premiers mois correspondent à la période de gestation avant la naissance, quand le 10ème mois représente l’humain dans le monde, le 11ème la fin de son existence et le 12ème représente le retour de l’humain d’où il est venu. Le cycle démarre d’une étincelle, la conception (rijal) à une autre, traversant le vide (suwung)
Description des années
L’ère Shalivahana, qui à débuter en 78 de notre ère et qui continue d’être utilisé à Bali, était utilisé à l’ère hindouiste sur l’île de Java et ce jusqu’à un siècle après l’arrivée de l’Islam à Java. Quand Sultan Agung adopta le calendrier lunaire musulman en 1633 de notre ère, il n’intégra pas le ANNO HEGIRAE pour désigner ces années, mais continua à utiliser le compte de l’ère Shalivahana qui était alors en 1555.
• Les cycles d’années
Huit années font un WINDU. Un WINDU dure le temps de 81 répétitions d’un cycle WETONAN donc 2 835 jours (à peu de chose prés 7 ans et 9 mois dans le calendrier grégorien). Il faut se rappeler que les TAHUN sont des années lunaires et donc d’une durée plus courtes que les années du calendrier grégorien. Le noms des années du cycle WINDU sont les suivants (en krama / ngoko) :
1 – PURWANA / ALIP (354 jours)
2 – KARYANA / EHÉ (354 jours)
3 – ANAMA / JEMAWAL (355 jours)
4 – LALANA / JÉ (354 jours)
5 – NGAWANGA / DAL (355 jours)
6 – PAWAKA / BÉ (354 jours)
7 – WASANA / WAWU (354 jours)
8 – SWASANA / JIMAKIR (355 jours)
Les WINDU sont ensuite groupés dans un cycle de 4 :
1 – WINDU ADI
2 – WINDU KHUNTARA
3 – WINDU SENGARA
4 – WINDU SANCAYA
Les cycles de WULAND, TAHUN et WINDU sont des dérivés du calendrier SAKA. Les WINDU ne sont plus utilisé en horoscope, mais il y a des preuves qu’ils ont été utilisé par les officiels de la cour afin de prévoir les tendance. Le passage d’un WINDU est souvent considéré comme un moment fort et est accompagné d’un rituel de slametan.
• Dino Mulyo
Dino Mulyo (littéralement : les jours nobles) sont célébrés pour honorer GUSTI, le créateur de la vie et de l’Univers. Les pratiquants des enseignements spirituels traditionnels javanais ont conservés 5 jours nobles
- SATU SURO, le premier jour de Sura, la nouvelle année
- ABOGE, célébré le mercredi Wage dans l’année Alip
- DALTUGI, célébré le samedi Legi de l’année Dal
- HANGGARA ASIH, mardi Kliwon
- DINO PURNOMO, vendredi Legi
Démonstration en Russie
by Gorka Echarri on jan.14, 2010, under France, International
Salut à tous,
J’ai retrouvé des vidéos de la démonstration que nous avons fait à Perm (1200km à l’est de Moscou) en décembre 2006 avec Eric Chatelier, Arnaud Duquerroy, Christophe Constant, Gabriel Facal et moi même. Une belle expérience et plein de bons souvenirs…
la démo
la répétition de la démo
Des anges gardiens…exigeants !
by Gorka Echarri on jan.05, 2010, under France, Spiritualité
Dans la pensée balinaise un enfant vient au monde accompagné de ses quatre anges gardiens “kanda empat” qui sont le placenta “ari-ari”, le sang “rah”, le liquide amniotique “yeh nyom” et une sorte de liquide visqueux jaunâtre le “lamas”. Ces éléments physiologiques sont une incarnation des quatre anges qui veilleront sur le nouveau-né jusqu’à sa mort. Tout a du sens à Bali; et si en occident le placenta, qui a nourrit le bébé durant la grossesse, finit à la benne de la maternité, sur l’île des Dieux il est remis dans un pot de terre cuite au papa qui va s’empresser de l’emporter à la maison pour le laver, l’envelopper dans un morceau de drap blanc, le placer dans une noix de coco et l’enterrer sur le côté droit de l’entrée de la maison si c’est un garçon, et du côté gauche si c’est une fille, en prenant soin de planter un pandanus pour le protéger des animaux. Ce sont des larmes de joie, une émotion inexprimable, un recueillement profond, qui accompagnent ces gestes placants côte à côte “l’enterrement” à “la vie” en rappelant que tout ici bas n’est que “passage”.
L’occident croit généralement aux anges gardiens, chacun de nous aurait le sien, pour nous aider à surpasser les malheurs en nous indiquant une voie de sortie. Divins, leur action a pour but de nous emmener dans la lumière de Dieu en nous intimant ce qu’il serait “bon” de faire. Dans tous les cas ils sont d’une patience inusable et resteront prêts à nous aider tout au long de notre existence même si l’attention qu’ils méritent leur avait rarement -ou jamais- été accordée.
A Bali les anges gardiens sont d’une nature moins douce et conciliante, d’ailleurs ils sont à considérer comme des frères au sens propre du terme, avec qui il est possible de s’unir pour être plus fort face au monde extérieur, ou de se facher au risque d’être proie à de graves tourments. Il est fort conseillé de s’adresser à ses quatre anges gardiens, avant de dormir et au réveil, comme à des êtres qui partagent notre couche. Un ange gardien balinais accepte mal d’être oublié, il est d’un tempérament “passionnel”, “tropical”, qui est capable du meilleur en nous sauvant de situations “in extremis” comme du pire en se transformant en démon pour nous causer malheurs de toutes sortes. Il faut donc parler à ses “kanda empat”, les aimer pour qu’ils nous aiment; les remercier de leur aide car en vérité rien ne nous est “du”. Aussi longtemps qu’un enfant n’est pas encore en âge de le faire lui-même ce sont les parents qui demanderont la bienveillance des kanda empat, en communiquant avec eux par des prières et en déposant des offrandes à l’endroit où a été enterré le placenta.
A l’âge adulte aucun rite de passage (limage de dents, mariage, crémation…) ne peut se dérouler sans que soit vénéré les anges gardiens en leur prévoyant nourriture et mantras. Par ailleurs il est fréquent de faire des cérémonies destinées uniquement à attirer leurs faveurs quand l’on soupçonne qu’un mauvais sort a été jeté, dont la victime peut être une seule personne mais aussi toute la famille. Il est alors fait appel à un chamane, “balian”, pour nettoyer à un niveau “invisible” l’enclos familial par moult prières et sacrifices d’animaux (généralement des coqs de combat), mais aussi pour protéger directement les membres de la famille en leur confiant une cordelette magique,nouée autour des hanches, pour que les anges gardiens leur soient “liés” et les protègent de toutes leurs forces. Ce type de cérémonie, à caractère secret, n’est organisée que lorsque la situation est vraiment très inquiétante, comme un dernier recours. La cordelette restera nouée durant des mois jusqu’à ce qu’elle se défasse sous l’action de la sueur et de l’humidité de l’air mêlées, en espérant que la relation avec les frères invisibles aura eu le temps de revenir au beau fixe.
Merci à : http://www.baliauthentique.com
Téléthon 2009
by Gorka Echarri on déc.10, 2009, under France
Nous avon été invité à participer au Téléthon 2009 à Anglet. L’évènement a eu lieu aux alentours de la plage des Sables d’or le samedi 5 décembre. 22 participants (Silek, Cimande Macan Guling, adultes, adolescents, enfants) pour une démonstration de 20 minutes suivie d’un cours d’initiation dirigé par Mickaël. Merci à tous pour votre participation. Ci-dessous des photos de Kévin (Merci !)
Le Dukun Entre Divination, Sorcellerie et Guerison
by Gorka Echarri on oct.15, 2009, under France, Spiritualité
Les dukuns sont connus pour leurs pouvoirs de guérison et de sorcellerie un peu partout en Indonésie, plus particulièrement à Java, île où les habitants ont conservé malgré l’arrivée de l’islam de fortes croyances animistes et autres cultes ancestraux.
Un dukun ne naît pas dukun. C’est un autre dukun qui lui transmet ses connaissances. Pourtant ne devient pas dukun qui veut. La personne qui souhaite devenir dukun doit posséder les ressources spirituelles nécessaires, sans quoi les pouvoirs extraordinaires qui lui sont inculqués le détruiront. Ces pouvoirs sont appelés ilmu (science). Il existe des ilmu pour à peu prêt tout : retrouver un objet perdu, devenir riche ou invulnérable, voir ce qu’il se passe ailleurs…Il existe même un ilmu pour prédire les évènements mondiaux importants, et, plus rare encore, pour voler, disparaître ou se changer en animal.
Aujourd’hui on consulte un dukun surtout pour ses pouvoirs de guérison. Le dukun commence par diagnostiquer la maladie grâce à la numérologie, la méditation, ou l’analyse des symptômes. La numérologie consiste à prendre la date de naissance du patient et la date à laquelle il est tombé malade, puis par divers calculs faire ressortir un nombre correspondant à une forme de traitement. C’est la méthode de diagnostic la plus utilisée puisque rapide et simple. Le diagnostic par la méditation est plus difficile à utiliser. Il faut plusieurs années de pratique pour la maîtriser. Le dukun médite pour nettoyer son esprit jusqu’à ressentir la maladie et connaître le traitement approprié. Dans la majorité des cas le dukun prescrit des herbes médicinales pour soigner la maladie. Un processus est nécessaire pour rendre le traitement efficace.
Le dukun tient les herbes dans sa main, chantant en arabe ou en javanais, puis crache ou souffle dessus pour leur donner un pouvoir spirituel. Ce pouvoir insufflé importe plus que la nature de l’herbe utilisée. Plus le dukun est puissant, moins l’herbe importe. Un dukun assez puissant pourra utiliser de simples feuilles de thé sur lesquelles il aura chanté et craché. Le thé est ensuite bu par le malade ou simplement frotté sur son nombril. Pour les javanais chaque enfant vient au monde accompagné d’anges gardiens. Cette dernière technique sert à les appeler en aide. Un dukun peut également traiter le patient par le massage. Celui-ci peut-être un simple massage ou alors accompagné par un chant et un crachat. Le chant, poussé par l’intense concentration mentale du dukun, atteint Dieu ou les anges gardiens. En réponse ceux-ci vont renvoyer le chant vers le dukun qui en crachant va insuffler un réel pouvoir au traitement. Chaque élément du traitement donne une part de leur « force » aux autres éléments, rendant ceux-ci plus efficaces. Mais c’est de la force spirituelle du dukun dont va dépendre tout le processus de guérison.
Les dukuns ne sont pas connus seulement pour leur pouvoir de guérison mais aussi pour leur capacité à pratiquer la sorcellerie. A Java toute chose possède une face cachée. On peut considérer la sorcellerie comme la face cachée du dukun. Un dukun n’avouera jamais pratiquer la sorcellerie, bien qu’il ne soit pas difficile pour une personne qui souhaite ensorceler quelqu’un de trouver un dukun pour s’en occuper, moyennant contrepartie financière.
Pour jeter un sort, le dukun pratique un rituel. En général, il se place au centre d’un demi-cercle d’offrandes destinées aux esprits maléfiques et implore en chantant la destruction de son ennemi. La plupart du temps les symptômes d’un ensorcellement sont des vomissements de sang, de violentes douleurs d’estomacs, une terrible fièvre, et ce pour aucune raison explicable. La plus sérieuse forme d’ensorcellement consiste à persuader les esprits d’introduire des cheveux, des ongles, du verre cassé, des pièces de métal ou des aiguilles dans l’estomac de la victime. Celle-ci entend alors une soudaine explosion tout autour de lui puis tombe terriblement malade.
La seule façon de se défendre contre un ensorcellement est de trouver un dukun qui sera plus fort spirituellement que celui qui a jeté le sort. Les accusations de sorcellerie sont assez courantes mais jamais elles ne se feront ouvertement et directement contre quelqu’un. Elles sont chuchotées tel un commérage entre voisins. D’ailleurs la sorcellerie, telle que la conçoivent les javanais, est seulement pratiquée sur les amis, voisins ou connaissances, même si le dukun peut habiter autre part et jeter le sort de très loin sur une personne qu’il n’a jamais rencontrée. La sorcellerie est toujours pratiquée pour une raison bien spécifique, jamais par plaisir, et ne peut pas être considérée comme un crime ou un délit. Elle est en fait considérée comme les conséquences d’un mauvais acte commis dans le passé. En effet une personne n’accusera quelqu’un de l’avoir ensorcelé seulement si elle pense lui avoir fait du mal de quelque façon que ce soit auparavant. Alors si au détour d’un chemin, lors d’une promenade dans les rizières de Java ou Bali vous entendez parler de sorcellerie, demandez à votre interlocuteur ce qu’il se reproche, le mal qu’il a fait à la personne qu’il accuse de sorcellerie. Et si il ne répond pas, remarquez son air confus, vous aurez compris…
Merci à : http://www.baliauthentique.com
La croyance dans les esprits à Java
by Gorka Echarri on oct.15, 2009, under France, Spiritualité
Les javanais pensent qu’ils cohabitent sur terre avec des esprits qu’ils classent en trois catégories : memedi, lelembut et tujul. Si les noms donnés aux esprits peuvent changer de villages en villages, leurs caractéristiques restent les mêmes.
Les memedis sont les esprits qui ressemblent le plus à nos fantômes. On peut les imaginer sous formes de squelettes ou recouverts d’un drap blanc, à l’image de nos fantômes dans l’imagination populaire. Ils peuvent également prendre l’apparence de quelqu’un que l’on connaît ou que l’on a connu. Les memedis sont connus pour effrayer les gens sans pour autant causer de graves problèmes. Ils sont en général plus joueurs que nuisibles. Ils adorent faire des blagues aux gens, comme donner la fessée aux femmes lorsqu’elles prient ou prendre des vêtements dans une armoire et les jeter dans la rivière. Parfois ils peuvent être plus ennuyeux, prenant l’apparence d’un homme pour coucher avec sa femme et engendrant ainsi des enfant-monstres.
Les lelembuts peuvent être beaucoup plus dangereux. Ils pénètrent les corps des hommes, les rendant malades ou fous. Une personne possédée mourra si elle n’est pas soignée par un dunkun, un sorcier javanais qui peut faire sortie l’esprit en massant l’endroit par lequel il est entré dans le corps. Les javanais prennent très au sérieux ces esprits. Ils ont d’ailleurs développé plusieurs théories sur la possession. Certains pensent que les lelembuts rentreraient dans le corps par les pieds. C’est pour cela qu’il faut se laver les pieds avant de pénétrer dans une mosquée. Pour d’autres, les lelembuts rentrent toujours par la tête des gens. C’est pourquoi la fontanelle d’un bébé doit toujours être recouverte par une mixture d’oignons et de poivre, les esprits étant repoussés par la nourriture épicée.
Les tujuls sont des esprits qui peuvent aider les gens pour réussir dans la vie, à la manière de quelqu’un qui conclurait un pacte avec le diable. Si les tujuls peuvent un moment être bénéfiques, cette alliance a bien entendu ses effets néfastes pour l’individu dont le comportement peut changer et atteindre une certaine forme de folie.
Dans de nombreux cas (maladie, folie, disparition…) les javanais vont chercher un sens à leurs malheurs (ou bonheurs) dans leurs croyances. Malgré les confusions et les contradictions que l’on peut trouver dans ces croyances, elles présentent une signification plus générale. Elles dépeignent en fait le triomphe de la culture sur la nature. Alors que la culture javanaise progressait, que la forêt tropicale se transformait en rizières et villages, les esprits qui vivaient à Java bien avant l’arrivée des hommes se réfugiaient dans les bois, les volcans et l’océan indien (où Ratu Kidul, la reine des mères du sud et peut être la plus puissante lelembut de Java, attend pour emporter quiconque oserait porter des vêtements verts près de chez elle). Parallèlement, une personne qui devient plus civilisée (c’est-à-dire, dans le modèle javanais, qui croit en Dieu, qui est bon pratiquant et qui a de l’ordre dans sa vie) aura moins de chances de se faire posséder par un esprit. Pour les javanais il faut donc un « ordre » culturel dont le pouvoir permet de combattre les forces du désordre. Cet ordre se ressent dans le comportement des javanais, dans leurs valeurs. En effet rares sont ceux qui expriment facilement leurs émotions. Un javanais aura toujours une certaine retenue ; retenue qui, comme la prière, fait partie de cet « ordre » pour contrer les esprits.
Merci à : http://www.baliauthentique.com
LES BALIAN : Guérisseurs, sorciers, médiums, chamanes
by Gorka Echarri on oct.15, 2009, under France, Spiritualité
A l’opposé des occidentaux qui depuis Hippocrate ne voient les maladies que comme un ensemble de causes et effets, de maladies et de remèdes bien définis, les balinais attribuent les maladies à certaines causes invisibles (niskala) dont les origines sont des déséquilibres cosmiques.
N’oublions pas que les balinais conçoivent le corps comme le « petit monde » ou microcosme qui n’est autre qu’une reproduction ou plus exactement le doublet du « grand monde » ou macrocosme.
Tout déséquilibre dans la chaîne cosmique aura des échos dans le système tout entier. Les maladies sont des déséquilibres du niveau microcosmique alors qu’une guerre ou une éruption volcanique sont des déséquilibres du niveau macrocosmique.
Les balian permettent par leurs savoirs de rétablir l’équilibre par des rituels et servent d’intermédiaires pour détecter les déséquilibres et ainsi agir sur le monde des niskala pour apporter la guérison en combattant les forces du mal. Pour agir sur l’équilibre cosmique ils utiliseront aussi bien les plantes, racines ou massage que la transe et les pouvoirs magiques.
Il existe plusieurs types de balian :
Les wisata balian (balian instruits) : Spécialistes des herbes médicinales, leur connaissance repose sur leur connaissance des lontar (feuilles de palmier gravées servant de livre).La fonction est généralement passée de père en fils mais pas exclusivement. Bien que le pouvoir des wisata balian soit lié à la puissance magique, ils semblent être des croyants dans la rationalité médicale. Ils connaissent les herbes et les moyens de les utiliser, ils sont les héritiers de siècles d’erreurs et d’épreuves, ainsi les balians prescrivaient la quinine contre la malaria bien avant que la médecine occidentale ne la transforme en médecine « respectable ». Le wisata balian combine ses connaissances des formules et mots magiques, des signes cabalistiques et sa compréhension du calendrier balinais avec sa maîtrise des massages, des herbes et des racines. Aidé par la fois de ses patients il peut exécuter de vrais traitements.
Les tetakson Balian (sorcier docteur) :
Ils ont été choisis par les dieux ou les esprits pour être possédés lors de rituels. Lorsqu’il entre en transe, il contacte son « esprit-aidant », parfois son père ou un ancien grand balian, et possédé par l’esprit-aidant il peut entrer dans le monde des esprits et combattre les forces maléfiques. Durant la transe le balian marmonne, gronde, parfois danse mimant des duels avec des esprits maléfiques. Il fait parler les dieux, les défunts et les esprits. On peut le consulter pour savoir quelle est la cause d’une maladie, où se trouve l’âme d’un défunt par exemple.
Les balian sont consultés pour bien d’autres problèmes que ceux de santé car leur savoir s’applique à tout le macrocosme. Ainsi il pourra indiquer le meilleur endroit pour construire une cuisine afin de ne pas enfreindre une loi de l’équilibre cosmique en ne respectant pas certaines règles.
Merci à : http://www.baliauthentique.com








