Cimande


Je voudrais, sur cette page, apporter ma modeste contribution à la connaissance du style Cimande. Avant de rentrer dans les détails techniques ou historiques, il est nécessaire de préciser quelques points très importants.

Avant de cibler sur le sujet « Cimande », il est certainement utile de rappeler aux personnes qui cherchent des informations sur le Cimande ou sur le Pencak Silat en général que le style Cimande est un des plus réputés d’Indonésie et un des plus anciens avec quelques autres styles comme le Minangkabau par exemple. Nombreux sont les styles plus récents historiquement qui ont puisé leur inspiration dans le Cimande ou qui ont intégré certains enchainements à leur style… L’influence du Cimande est reconnue dans beaucoup de styles principalement originaires de Java et Java Ouest. Maintenant que ces petites précisions ont été faites, intéressons nous plus précisément à l’histoire de ce style…

Il est important de savoir que la majorité des informations sur les origines du style Cimande, sur son créateur, sur ses inspirations sont véhiculées depuis des siècles par tradition orale. Le fondateur de ce style n’a pas laissé un ouvrage « officiel » sur le Cimande, ni de trace écrite de l’époque de sa création. Dans un contexte pareil il parait trés improbable d’affirmer que telle version est LA version unique, authentique…
On peut rapporter que telle version est LA version véhiculée dans telle école, dans telle région, tel village… Sans vouloir trouver LA vérité, il est intéressant de mettre en commun différentes versions afin de se faire une idée globale du style et de son fondateur, de ses ancêtres. C’est pourquoi ci-dessous je vous propose des traductions tirées de source fiables ainsi que des informations que j’ai pu obtenir lors de mes voyages à Java et de mes rencontres avec des maîtres et des professeurs réputés.

LA VIE DE PAK KAHIR

(traduit du texte original de O’ong Maryono sur son site : http://www.kpsnusantara.com/index.html)
La vie de Pak Kahir (extrait traduit de Gema Pencak Silat Vol.3 No. 1:18-19)

Le créateur du style de Pencak Silat Cimande, Pak Kahir, fut connu en tant que pendekar respecté autour de 1760, quand il présenta pour la première fois ses « jurus mem’po Cimande » à ses élèves. Ce furent ces mêmes élèves qui, plus tard, diffusèrent son art dans les districts avoisinants comme Batavia, Berkasi, Cikampek, Cianjur, Bandung, Tasik Malaya, Garut, Sumendang, Ciamis, Kuningan et Cirebon. En tant que marchand de chevaux, Pak Kahir s’éloignait régulièrement de son village de Cogreg à Bogor. C’était lors de ces voyages “d’affaires” qu’il fût accosté par des bandits et des voleurs. Grâce à sa maîtrise du combat, il ne fût jamais blessé ou volé. Lors de ses nombreux déplacements au port cosmopolite de Batavia, il rencontra et sympathisa avec des combattants de Minangkabau et de Chine ainsi qu’avec des maîtres qui vivaient dans cette région. Il utilisa cette opportunité pour échanger des connaissances et tester sa technique avec eux. Cette interaction avec d’autres combattants de culture différentes lui permit d’évaluer l’efficacité de son art.

Lors d’une de ses visites à Cianjur, il rencontra Raden Adipati Wiratanudatar (1776-1813) le sixième régent de Cianjur. Peu aprés cette rencontre, Pak Kahir décida de s’installer près de Cianjur, dans le village de Kamurang. Quand le régent apprit que Pak Kahir était un expert en arts martiaux, il lui demanda d’enseigner son art à sa famille. Afin que Pak Kahir puisse prouver ses aptitudes en combat, il arrangea pour lui un combat avec un expert chinois de Kuntao originaire de Macao. Le combat eu lieu sur l’esplanade de Cianjur et fut gagné par Pak Kahir. Sa victoire contre le combattant de Kuntao le rendit encore plus populaire dans la région de Cianjur.

En 1815, avec ses 5 fils, Endut, Ocod, Otang, Komar et Oyot, Pak Kahir retourna sur Bogor. Ses 5 fils, plus tard, diffusèrent le Cimande dans la région « Tanah Pasundan » (Terre Sunda). Parallèlement, à Bogor, un de ses élèves du nom de Ace continuait la propagation du Cimande dans cette région. Les descendants de Ace qui vivent actuellement à Tarikolot sont connus comme étant les “anciens” d’un système de Cimande connut sous l’appelation “Cimande Tarikolot Kebun Jeruk Hilir”.

Le début du XIXe siècle fut l’âge d’or du Cimande. Il devint le style le plus populaire de Ouest Java. Si bien que la tenue portée à l’époque par Pak Kahir devint la tenue officielle de pratique de Pencak Silat et ce jusqu’à aujourd’hui.

Pak Kahir décéda en 1825. Son art de combat continuait à être apprécié par la population de Ouest Java. Parfois, les bases de ses enseignements furent développés par certains élèves comme Sera et Haji Abdul Rosid. Haji Abdul Rosid, en créant son propre style Ciwaringin, modifia certains Jurus Cimande. Mais ces changements ne sont pas trés éloignés de la forme originelle du mem’po Cimande.

Aujourd’hui, le Cimande est pratiqué aux quatres coins du monde sous une forme ou une autre. Comme Pak Kahir n’avait pas laissé d’ouvrage écrit regroupant ses techniques, il existe aujourd’hui beaucoup de groupes de Cimande. L’absence d’une organisation officielle du Cimande a fait qu’aujourd’hui il existe un grand nombre de groupes qui ne se reconnaissent pas forcément. Sans une standardisation de cet art, les enseignements et l’histoire de l’art reposent fortement sur la tradition orale.

LA VIE DE PAK KAHIR

(merci à Eric Chatelier) Tiré d’un roman historique sundanais Pangeran Kornel
écrit par Raden Memed Sastrahadiprawira

le paragraphe ci-dessous donne une description claire de Abah Kahir (également connu comme Embah, Ayah ou Eyang Kahir) le créateur légendaire du Pencak Silat Cimande. Parmi tous les styles de Pencak Silat d’Indonésie, Cimande est peut être celui qui a le plus d’influence et qui est le plus connu et qui est également connu comme un des plus anciens. Il existe une somme de versions sur la vie d’Abah Kahir qui traitent des origines du Cimande, ses sources d’inspiration et retranscrivent une lignée. Selon une version populaire dans la communauté du Pencak Silat de Banten, Abah Kahir était un Badui, un groupe ethnique qui peuple les régions montagneuses du sud-ouest de Banten. Selon la légende, les Baduis seraient les descendants de l’armée (ind. : bala tentara) de Ratu Pucuk Umum, le dernier roi du royaume hindouiste de Pajajaran qui se trouvait à l’époque à l’emplacement de l’actuelle Bogor. Quand Ratu Pucuk Umum abdiqua devant les armées musulmanes dirigées par Molana Yusup (régent de Banten 1570-1580) en 1579, une concession lui fut accordée disant que la cour du roi serait épargnée à condition qu’ils restent entre eux et dans cette région. La tradition martiale de Pajajaran a été préservée et s’est transmise à travers les âges. Selon cette version, Abah Kahir, qui était originaire de la région Badui de Cikeusik, était réputé en tant qu’expert en Ulin Badui (Silat Badui). Sa réputation s’étendit rapidement au dela du territoire Badui et plusieurs experts de Pencak Silat firent le déplacement pour tester sa valeur. Ces challengers moururent tous dans les combats qu’ils menèrent avec Abah Kahir. Le fait que du sang avait souillé la terre sacrée des Baduis était une faute grave selon les lois traditionnelles Baduis et cette faute ne pouvait pas restée impunie. Les anciens décidèrent de banir Abah Kahir du territoire Badui. Afin d’éviter que des incidents du même genre ne se reproduisent, les anciens décidèrent d’adopter un code du silence vis à vis des populations extèrieures aux Baduis au sujet de leurs arts martiaux. Il est dit que ce code du silence a perduré jusqu’à nos jours. En quittant sa terre natale, Abah Kahir travailla comme porteur pour un marchand chinois. Le marchand était un homme dur, qui était également un pratiquant de Kuntao chinois. Un jour Abah Kahir décida de faire une pause. Le marchand chinois devint furieux et lui ordonna de reprendre le travail immédiatement. Leur conversation commença à s’envenimer et un combat démarra rapidement dont le résultat fut la mort du marchand
chinois. Selon son ressenti, Abah Kahir se dit qu’il avait perdu son self-contrôle. C’est peu après cet évènement que le terme maenpo fut créé pour nommer le Pencak SIlat de la région Sunda. Abah Kahir culpabilisait à cause de son manque de « self-contrôle » car il se rendait compte qu’il avait tué la source de son « gagne pain ». Il fit donc le voeu qu’à partir de ce moment, il utiliserait son art uniquement pour servir l’humanité. Ainsi que Wessi nous le fait remarquer, les Badui occupent une position symbolique importante dans la culture sundanaise en tant que « boussole » ou indicateur du code de conduite ainsi que dans les traditions culturelles sundanaises ancestrales. Grâce à leur isolement imposé du monde moderne et à l’influence minimale de l’Islam à cette époque, les Baduis ont conservé des traditions que l’on ne retrouve plus ailleurs à Ouest Java et donc par conséquent sont considérées comme étant plus pures, authentiques. Dans le même ordre d’idée, le royaume de Pajajaran est souvent évoqué en tant que pure symbole de la culture sundanaise. Il existe une croyance qui dit qu’après sa mort un sundanais devient un « résident de Pajajaran » sous la forme d’un tigre.

Dans le domaine de l’ethnographie contemporaine, la multitude de légendes qui entoure la figure emblématique d’Abah Kahir agit de deux manières, premièrement elles naturalisent le style en lui attribuant des phénomènes naturels et deuxièmement, lui accordent des inspirations divines. L’influence du Pencak Silat Cimande à Ouest Java est en perpétuelle extension. La majorité des écoles que l’on trouve aujourd’hui retracent un lien avec le Cimande que ce soit d’un point de vue technique, philosophique ou historique. C’est pratiquement devenu un devoir pour une école d’exprimer un hommage même si ce n’est que symbolique au Cimande. Ce style est également reconnu à ouest Sumatra comme étant un des plus anciens, dû entre autre au fait que le mot Mande signifie « mère » en langue Mingkabau. Au Kampung Babakan Tarikolot du village de Cimande, les descendants actuels de Abah Kahir gardent précieusement la tradition. Ici le Cimande est toujours enseigné de la même manière que dans le passé, sans aucune influences d’autres styles ou d’autres innovations modernes. Selon certaines sources des villages de Cimande, Abah Kahir ne serait pas le créateur du Cimande mais le premier enseignant de ce style. Un arbre généalogique sacré détenu par Ace Sutisna, leader actuel de la famille du Cimande (Keluarga Besar Pencak Silat Cimande), le style Cimande commence avec Embah Buyut, qui se traduit litérallement par « arrière-grand-père » mais qui, en termes sundanais signifie plutôt ancêtre fondateur. Il n’est pas évident de savoir si ce terme se rattache à un individu en particulier ou si il est utilisé comme un terme générique qui se rattache aux ancêtres fondateurs.

Selon Pak Ace, “de génération en génération les descendants de Cimande utilisent ce nom”. Le silsilah retrace 7 générations, que pak Ace estime s’étendre sur une période de 350 ans. Si Embah Buyut était un personnage historique cela voudrait dire qu’il aurait vécu entre le milieu du XVIIe et le XVIIIe siècle. Cela correspond aux dates où Abah Kahir est censé avoir commencé à enseigner, vers 1760, ce qui fait de lui un pratiquant de la seconde génération du Cimande et la première génération en tant qu’enseignant. Sur chaque génération il y a eu plusieurs enseignants, quoi qu’il en soit les représentants officiels de chaque générations sont :

1. Abah Kahir
2. Abah Rangga
3. Abah Ace Naseha
4. Abah Haji Abdulshamad
5. Abah Haji Idris et Abah Haji Ajid
6. Abah Haji Zargasih, Haji Niftah, Haji Gaos, Ace Sutisna (actuellement)

Le silsilah est intégré à la structure d’entrainement du Cimande. Au début d’un latihan (entrainement), une sorte de prière d’invocation du nom de Amalan Tasawal est récité : ce sont des extraits du Coran avec la liste des enseignants passés. La prière a deux fonctions : c’est une manière d’exprimer son respect ainsi qu’une manière de recevoir des bénédictions « spirituelles » (ind. : berkah) des maîtres passés. Exprimer son respect est une part importante du Silsilah, il serait erroné d’interpréter cela comme une simple récitation généalogique. L’invocation de leurs noms authentifie et bénit la pratique d’aujourd’hui.

La tombe d’Abah Buyut et de son fils Abah Rangga sont à l’ouest du Kampung Tarikolot. Entre le douzième et le quatorzième jour du mois musulman de Maulud, les tombes d’Abah Buyut, Abah Rangga ainsi que celles de Abah Ace Naseha et Abah Kahir sont visitées par des pélerins, dont la plupart sont des locaux de Cimande ou de diverses communautés de Pencak Silat de Ouest Java. Beaucoup d’entre eux veillent toute la nuit prêt de ces tombes avec l’espoir de recevoir une bénédiction. Selon Pak Ace, Abah Kahir, était un simple fermier qui passa toute sa vie dans les alentours des villages de Cimande. Le pantalon noir large (sundanais : sontog ou pangs) ainsi que la veste large (ind. : baju kampret) portés à l’époque par Abah Kahir et d’autres personnes du village sont, avec le temps, devenus la tenue officielle du Pencak SIlat. Cette version varie de celle que l’on peut collecter in Cianjur ou il est dit qu’il serait né dans le village de Kamurang, dans le district de Mande, Cikalong Kulon, une partie de la régence de Cianjur. Dans la tradition de Cianjur, il est dit qu’Abah Kahir aurait gagné sa vie en tant que marchand de chevaux et qu’il voyageait régulièrement à Batavia (Jakarta) ainsi que dans d’autres régions de ouest Java. Lors de ses voyages, il rencontra souvent des problèmes avec les animaux sauvages tel que des tigres, des jaguars ainsi qu’avec des voleurs. C’est grâce à ces expériences qu’Abah Kahir développa un système de self-défense. A Batavia, il rencontra des pratiquants d’arts martiaux originaires de Chine et de ouest Sumatra qui l’aidèrent à raffiner son art. Lorsque Raden Aria Wiratanudatar VI (régent de Cianjur / 1776-1813) prit connaissance de la réputation d’Abah Kahir, il fut employé en tant que pamuk, terme sundanais pour un maître de Pencak Silat employé par des aristocrates. A partir de cette période, il est dit qu’il aurait enseigné le Pencak Silat uniquement aux menak, incluant les enfants du régent. Il faisait lui même partie de cette cour. Abah Kahir avait cinq fils : Endut, Otang, Komar, Oyot et Ocod qui développèrent le Cimande de Bogor à Bandung en passant par Cianjur ainsi qu’à travers ouest Java. Peu après le décés de Wiratanudatar en 1813, Abah Kahir se serait installé au Kampung Tarikolot, Cimande, ou il resta jusqu’à son décés en 1825.

Pak Ace revient sur l’évènement des combats autour de la personnalité d’Abah Kahir dont on parle sous l’appelation « histoires du gars costaud » (ind. : kisah jagoan). Selon lui, ça serait surtout de l’ordre du fantastique (ind. : khayalan). D’aprés Pak Ace, ces propos véhiculent une image négative d’Abah Kahir en faisant de lui un homme agressif, c’est une image en contradiction avec l’esprit et la philosophie de défense qui sont les fondations du style. “Cela donne un mauvais exemple, véhiculant des incidents chargées de violence, focalisant sur l’arrogance ainsi que d’autres défauts de l’ordre de l’ego, qui sont les anti-thèses des valeurs fondamentales du Pencak SIlat Cimande”. En terme de technique et de philosophie, le Cimande est défensif et il est strictement interdit à un étudiant d’engager un combat. Comme le rapporte un pratiquant « Pourquoi se battre ? C’est épuisant ! Si vous pouvez encore partir en courant, c’est le meilleur moyen !”. Le Pencak Silat est en accord et soutient les enseignements religieux, mais ne sont pas leur substituts. Les étudiants sont priés de suivre sérieusement leurs obligations religieuses. Selon Pak Ace, les Jurus Cimande sont inspirés de la vie de tous les jours selon la tradition sundanaise de la communauté des fermiers ; prendre soin des champs, porter le bois pour le feu, couper l’herbe, chasser un moustique, s’asseoir jambes croisées dans la mosquée aprés la prière. Les phénomènes naturels sont censés refléter les lois universelles, donc la culture des humains reflète également des principes universels. Le “génie local” de Abah Buyut et Abah Kahir ont eu le talent nécessaire pour transformer ces mouvements simples de la vie de tous les jours en techniques de self-défense (ind. : beladiri) : “L’aptitude d’introspection est donnée par Dieu à toutes les créatures, donc la self-défense est une création de l’homme, inspiré par Dieu. Puisque les principes des techniques du Cimande sont comprises dans les actions de tous les jours, instinctivement, tout le monde possède les jurus Cimande… Le Pencak Silat est pratiqué par tout le monde, même si tout le monde n’en a pas conscience”. Les techniques physiques sont spécifiques à un lieu et à un moment, alors que la logique du corps qui sous-tend ces mouvements est universelle. Les noms de certains des jurus Cimande sont un reflet naturel des actions de la vie de tous les jours tel que l’illustre le terme sundanais batekan (pour se libérer d’une saisie) et guaran (ouvrir quelque chose et observer ce qu’il y a à l’intérieur).

Le Cimande ancestral enseigné au Kampung Cimande Tarikolot se compose de :
33 jurus – 13 pepedangan – 1 ibing
Les 33 jurus se font assis et debout, seul et à deux. Les 13 pepedangan sont des formes au stick (de la paume à l’aisselle pour la longueur).
Ces formes se font seul ou à deux. Elles sont faites pour remplacer le golok. Il est plus facile de s’entrainer avec un stick (et c’est moins dangeureux…). Une fois qu’elles sont maitrisées au stick, on peut s’entrainer avec un golok. L’ibing est une danse dans laquelle on cherche à amener la force dans des endroits du corps inhabituels (les poignets, les épaules…) en travaillant en rythme et en musique.

DIVERSES INFORMATIONS COLLECTÉES AUPRÈS DE DIFFÉRENTES SOURCES

Beaucoup de sources sont d’accord sur le point qu’Abah Kahir n’avait pas d’enfants (par le sang) mais qu’il avait des élèves. La filiation (de sang) que l’on retrouve donc aujourd’hui au Kampung Cimande Tarikolot se rattache à la filiation d’Abah Rangga et non pas à Abah Kahir.

Il existe une tombe d’Abah Kahir à Bogor que l’on peut visiter. Il est dit également par certains que celle de Bogor ne serait pas la « réelle » tombe d’Abah Kahir mais que l’authentique serait dans un autre village…

Certains rapportent également qu’Abah Kahir n’aurait pas été originaire d’Indonésie mais qu’il serait venu des pays arabes et que son vrai nom aurait été Abah Kohir (kohir voulant dire prier en arabe). C’est Abah Kahir avec Abah Rangga qui auraient créé le Cimande et qui l’auraient développé.

Un point fortement affirmé par le Kampung Cimande de Tarikolot est que le Cimande n’est pas fait pour se battre mais uniquement pour se défendre et qu’il n’y a pas de techniques « fatales » en Cimande, uniquement des techniques pour s’en sortir ou, dans le pire des cas, blesser son adversaire.

J’éspère que cette modeste contribution aura permis à ceux d’entre vous qui cherchent des éléments précis sur ce style d’y voir un peu plus clair.

Textes : © Gorka Echarri
Relecture : José Vitart