Cimande Macan Guling


Le style Cimande Macan Guling est originaire de la région de Banten, de la ville de Serang. Son histoire est étroitement liéée à celle de son fondateur : Abah Djahari est décédé en 1992 à l’âge de 80 ans (118 ans pour certains…). Il avait 3 enfants, 2 fils : Pak Juhro et Pak Anggling, 1 fille Ibu Uwok et quatre frères dont il était l’ainé (Pak Isah, Mbokisah, Mbok Salmi, Mbok Arfad). De son vivant Abah Djahari vivait à Nangklak à environ 2 heures de route au sud-est de Serang. C’est dans le village de Nangklak, non loin de son ancienne maison que se trouve sa tombe. Pak Juhro vit et enseigne toujours à Nangklak. Dans sa jeunesse, Abah Djahari a étudié le Cimande traditionnel avec 3 enseignants : Abah Jakim (de Pandeglang), Abah Wakin (de Serang), le troisième reste encore un mystère dans la mémoire des gens que j’ai pu rencontrer jusqu’à aujourd’hui. Tous sont unanimes sur le fait qu’Abah Djahari était un homme hors du commun. Il détenait des aptitudes mystiques exceptionnelles qui lui permettaient par exemple de rentrer en contact avec Abah Kahir où qu’il soit simplement en ramassant de la terre du sol de Java. Grâce à cette aptitude, il commença à faire évoluer le Cimande qu’il avait étudié en fonction des « contacts » qu’il avait avec Abah Kahir et grâce aux « dons de Dieu » qui lui étaient accordés. Aprés avoir fait évoluer le Cimande de base, il rentra également en contact avec l’esprit d’un tigre trés puissant de la région de ouest Java. Le style qu’il développa peut donc s’analyser comme une évolution, un raffinement du Cimande originel, auquel s’ajoute l’apport de l’esprit du tigre. Les kelids du style viennent d’Abah Kahir, les jurus bawa, les langkahs, les pancer sont des « dons de Dieu ». Cet esprit de tigre suivait Abah Djahari où qu’il soit durant toute sa vie, il l’avait toujours à côté de lui. Abah Djahari utilisait simplement le nom de Cimande pour le style qu’il enseignait à Nangklak et dans le quartier Kebon Sawo de Serang. Il créa ensuite l’organisation TTKKDH qui incluait le Cimande qu’il enseignait dans ces 2 lieux. Bien avant et sans relation avec les TTKKDH de Bogor ou de Serang.


Pendant cette période, Abah Djahari fit la connaissance d’Abah Rachman, qui pratiquait déjà plusieurs styles de Pencak Silat dont le Cikalong. Il est décédé en 1996 à Serang à l’âge de 60 ans. Son décés fut suivit de 40 jours de deuil trés incertain sur l’avenir du style à Serang. Il avait 5 enfants (2 garçons et 3 filles), sa femme est toujours en vie dans le quartier Kebon Sawo de Serang. Abah Rachman avait entendu parlé d’Abah Djahari et de sa réputation hors du commun. Il demanda donc à Abah Djahari d’être son élève. Abah Rachman commença donc à étudier le Cimande d’Abah Djahari. Plusieurs années plus tard, Abah Rachman demanda l’autorisation à Abah Djahari d’enseigner le Cimande à Serang sous l’appelation Cimande Macan Guling. Abah Djahari lui donna sa bénédiction et Abah Rachman commença à enseigner à Serang également dans les quartier Kebon Sawo de Serang. Il est important de savoir que c’est Abah Rachman qui apporta des « variations » dans les enseignements. Ces variations sont la possibilité au pratiquant d’apporter une touche personnelle à ce qu’il a appris. C’est pourquoi on trouve aujourd’hui des élèves d’Abah Rachman qui ont adapté un langkah au couteau ou rajouté un coup de poing dans un pancer… C’est un apport personnel. On retrouve donc aujourd’hui un courant d’enseignants qui ont principalement étudié avec Abah Djahari et qui enseignent une version sans variations et des enseignants qui ont étudié avec Abah Rachman qui enseignent une version avec variations du style.

Abah Rachman commença à enseigner le Cimande Macan Guling en 1976 quand il intégra la PPPSBBI. A cette époque le Cimande se scinda en 2 groupes distincts à Serang. D’un côté ceux qui ont intégré la PPPSBBI sous l’appelation Cimande Macan Guling avec Abah Rachman et ceux qui créèrent la TTKKDH de Serang. Aujourd’hui ces 2 structures sont toujours présentes et concurrentes. Le contenu technique de ces 2 courants est trés proche et possède les mêmes orgines. A cette époque, Abah Djahari décida de donner l’appelation Pusaka Medal à son enseignement dans le village de Nangklak. Aujourd’hui, Pak Juhro est donc un des fils d’Abah Djahari, actuellement Guru besar du style et il enseigne le Pusaka Medal à Nangklak. Pak Anggling , également fils d’Abah Djahari, aussi Guru Besar du style, développe le Cimande Macan Guling à Serang. Le Pusaka Medal et le Cimande Macan Guling sont aujourd’hui en trés bon termes et se retrouvent fréquemment pour divers évènements. Le Keceran est un des évènements les plus importants de l’année dans le style et c’est un des rendez vous privilégié entre Pusaka Medal et Cimande Macan Guling, les deux se retrouvant pour bénéficier tous ensemble du Keceran offert par Pak Anggling en personne. on dénombre plus de 15 000 pratiquants de Cimande Macan Guling depuis sa création en 1976, ce qui fait de ce style un des plus développé à Serang.

LA STRUCTURE DU STYLE SANS VARIATIONS DU CIMANDE MACAN GULING EST LA SUIVANTE :

- 17 jurus kosong (jurus à mains nues)
- 5 jurus bawa (jurus « mystiques » au sol)
- 21 Kelids (jurus à deux)
- 7 rickesan (résumé à deux des 21 kelids)
- 4 pepedangan (résumé à deux des 7 rickesan)
- 1 bantingan (forme de fermeture de la séance de travail)
- 3 langkahs (formes de déplacements à deux)
- 2 pancer (formes de déplacements à deux destiné au combat)
- 9 jurus ulin handap (jurus « mystiques » à deux)
- 3 golok jurus dasar (formes au golok – machette)
- 4 igelan (danses) Tapak Duah, tapak Tiga, Tapak Empat, Golempangan


PÉDAGOGIE ADAPTÉE AUX COURS ENFANTS

Nous avons mis au point une progression par niveau dans nos cours enfants.
Ci-dessous, les différents niveaux ainsi que les éléments techniques nécessaires à leur obtention.

BARONG BLEU
Jurus Cimande d’ouverture
Kelid 1
Coup de pied de face
Coup de pied de côté
Coup de pied circulaire
Coup de poing direct
Bunga / Kembangan seul
2 techniques contre coup de poing
Bonjour en indonésien / Selamat Pagi
Merci en indonésien / Terima Kasih
Au revoir en indonésien / Selamat Jalan

BARONG ROUGE
Jurus Macan Guling d’ouverture
Kelid 2
Jurus Kosong 1 à 5
Langkah 1
Balayage avant
Balayage retourné
Balayage « sacrifice »
Balayage ciseaux
Roulade avant
Bunga / Kembangan à 2
2 techniques contre coup de pied de face
Coup de poing en indonésien / Pukulan
Pas en indonésien / Langkah
Coup de pied en indonésien / Tendangan

BARONG JAUNE
Kelid 3 – 4
Jurus kosong 6 à 9
Langkah 2
Coup de pied retourné piston
Coup de pied retourné côté
Coup de pied retourné talon
Coup de pied retourné sauté
Roulade arrière
Bunga / Kembangan à 2 avec touches
2 tech. sur poing
2 tech. sur pied
Compter de 1 à 10 en indonésien

BARONG BLANC
Kelid 5 – 6
Jurus kosong 10 à 14
Mannierisme du singe
Coup de coude horizontal >
Coup de coude horizontal <
Coup de coude vertical tombant
Coup de coude vertical montant
Bunga / Kembangan singe à 2 avec touches
2 techniques de singe

BARONG ARGENT
Kelid 7 – 8
Jurus Kosong 15 à 17
Langkah 3
Mannierisme du tigre
Coups de genou
Bunga / Kembangan tigre à 2 avec touches
2 techniques tigre

BARONG OR
Jurus Golok
Kelid 9
Ciseaux corps
Coup de pied tornade
Coup de pied papillon
Ciseaux enroulé tête
Bunga / Kembangan libre
Bunga / Kembangan libre golok
Combat Bunga / Kembangan
- 3min sans contact
- 1min pause
- 3 min avec contact
Exposé sur le pencak silat

J’espère que ces explications sont assez claires pour une meilleur compréhension de ce style encore peu connu en occident. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à me contacter, je me ferais un plaisir de vous éclairer.

Textes : © Gorka Echarri
Relecture : José Vitart